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Shamengo et les leaders de « l’économie positive »

Vous allez en entendre parler dans ce blog :  Un nouveau monde est en marche. Des initiatives positives émergent sur les 5 continents. Nous nous en faisons l’écho notamment à travers des entretiens de penseurs, de philosophes et de sociologues.

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Le bien et le mal … (2/2)

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Bon, j’aime énormément Frédéric Lenoir. Vulgarisateur de génie et écrivain à succès, il m’a fait prendre conscience que spiritualité et intériorité n’étaient pas des gros mots mais des conditions nécessaires pour développer une vision du monde et changer SON monde (sa perception des choses – passer du pessimisme à l’action). Il aborde dans cet entretien sa vision des tendances probables du monde de demain.

Frédéric Lenoir est un philosophe, sociologue, conférencier et écrivain français, spécialiste des religions et des spiritualités. Auteur d’une quarantaine d’ouvrages, il est chercheur associé à l’École des hautes études en sciences sociales depuis 1991 et producteur et animateur de l’émission Les racines du ciel sur France Culture depuis 2009.

VOUS SEMBLEZ TOUT DE MÊME PESSIMISTE, NOTAMMENT SUR LA QUESTION ÉCOLOGIQUE…

Les spécialistes scientifiques sont complètement alarmistes. Selon certains d’entre eux, il est déjà trop tard, on a été trop loin : le changement climatique est irréversible et on peut, au mieux, tenter de l’atténuer. En tant que philosophe, je suis positif et considère que tout progrès, même minime, est utile sur le long terme. Plus il y a de gens conscients et désireux de changer, plus on aura de chance de basculer. Il suffit peut-être que 20% de la population mondiale comprenne qu’il faut changer nos habitudes et consommer moins pour que les choses changent réellement.

VOUS Y CROYEZ, EN CETTE CAPACITÉ DE L’HOMME À CHANGER ?

La dominante, c’est la déresponsabilisation : les gens ont besoin de se faire porter et ne sont plus les moteurs de leur vie. Mais la prise de conscience vient toujours d’une minorité. La modernité, c’est le changement. L’ultra-modernité, c’est l’accélération du changement. On observe cette accélération depuis 30 ans, aussi bien pour les phénomènes négatifs que positifs – dans l’ultra consommation comme dans la prise de conscience.

QUELLE EST LA SOLUTION ?

Elle tient en deux mots : éducation et discernement. Nos enfants doivent avoir des têtes bien faites et bien pleines, selon la maxime de Montaigne, pour parvenir à opérer le changement de manière profitable pour l’humanité.

QUEL A ÉTÉ VOTRE DERNIER EFFET « WHAOUH » ?

J’ai rencontré récemment deux journalistes qui étaient bien établis dans le système télé formaté et ont décidé un jour de tout plaquer pour fonder la plateforme Shamengo : sur ce site, ils ont déjà recueilli 1.000 témoignages à de personnalités qui, à l’échelle locale, participent à changer le monde. J’ai trouvé formidable l’idée de mettre en avant tout ce qui est positif.

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Le bien et le mal … (1/2)

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Bon, j’aime énormément Frédéric Lenoir. Vulgarisateur de génie et écrivain à succès, il m’a fait prendre conscience que spiritualité et intériorité n’étaient pas des gros mots mais des conditions nécessaires pour développer une vision du monde et changer SON monde (sa perception des choses – passer du pessimisme à l’action). Il aborde dans cet entretien les tendances probables du monde de demain.

Frédéric Lenoir est un philosophe, sociologue, conférencier et écrivain français, spécialiste des religions et des spiritualités. Auteur d’une quarantaine d’ouvrages, il est chercheur associé à l’École des hautes études en sciences sociales depuis 1991 et producteur et animateur de l’émission Les racines du ciel sur France Culture depuis 2009.

QUELLES SONT D’APRÈS VOUS LES TENDANCES À L’ŒUVRE AUJOURD’HUI ET QUI FONT LE MONDE DE DEMAIN ?

Je vois deux tendances contradictoires s’opposer.
La tendance dominante est celle calquée sur le modèle de développement économique et politique depuis plusieurs siècles en Occident, et qui s’est accélérée depuis 30 ans, avec l’ultra-libéralisme et la concurrence mondiale. Nous sommes devenus des prédateurs par rapport à la nature, on est dans une course effrénée à la consommation etc…
La seconde tendance, minoritaire mais extrêmement significative, s’est développée en réaction à la première. Ce sont tous les mouvements altermondialistes, écologiques, spirituels (religieux ou laïcs d’ailleurs) qui visent à apporter du sens à la vie, à s’écarter de la domination de l’argent, à réduire sa consommation etc… On le voit avec le développement du Bouddhisme en Occident, avec toutes les démarches de développement solidaire, avec l’économie collaborative etc.
Ces deux tendances sont en confrontation totale, mais sont totalement indissociables. Et elles se livrent à une course de vitesse…

QUI VA L’EMPORTER ?

C’est dans le monde alternatif que l’on cherche les solutions du monde de demain. Plus il y aura de crises économiques, plus il y aura de catastrophes écologiques, et plus la tendance minoritaire va se développer.

IL FAUDRAIT DONC DES CATASTROPHES POUR QUE LA PRISE DE CONSCIENCE SE GÉNÉRALISE ?

Cela pourrait être un effondrement des écosystèmes, qui rendrait la planète invivable. Cela pourrait être une crise économique si grave que les banques ne pourraient rembourser leurs clients, que les états seraient en faillite, et que les populations se mettent à piller… Mais on peut faire l’économie d’un drame radical. Pour l’éviter, il faut qu’il y ait suffisamment de peur et de signaux graves qui nous forcent à prendre des mesures significatives.

LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT SONT SOUVENT POINTÉS DU DOIGT…

En Inde ou en Chine, par exemple, le très court terme, c’est la course effrénée à la croissance économique et la pollution massive. Mais ils ont également compris que s’ils voulaient survivre dans 50 ans, il fallait trouver des alternatives. C’est dans ces pays que l’on trouve les solutions les plus créatives et inventives sur les systèmes de production alternatifs ou non polluants.