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Barrières psychologiques

« Offrez-vous le luxe incroyable mais douloureux de changer d’état d’esprit » 

C’est un peu ce que j’ai ressenti à la lecture du livre de David McRaney « You are now less Dumb ». C’est un peu aussi ce dont on a parlé jeudi soir dernier lors de la discussion sur le bilan de la cohorte n°2. Quelle intensité mettre dans les cours pour « convaincre » les gens de créer leur entreprise ? Comment faire passer les messages ? Comment faire « grandir » les gens ? Et dans une certaine mesure, faire leur bien malgré eux ?

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C’est effectivement une énigme que beaucoup d’entre nous doivent résoudre : d’un côté, la conscience que notre progression personnelle doit transcender nos petits égos pour atteindre une dimension « supérieure » et comprendre enfin le fonctionnement du monde ; de l’autre, la difficulté grandissante à abandonner nos « croyances » d’avant, bien inférieures, au fur et à mesure que nous intégrons de nouvelles connaissances et que nous développons du sens pour le monde qui nous entoure.

Cet « inconfort » peut parfois être si intolérable que nous ralentissons inconsciemment le processus de « changement » à l’extrême. Ou nous plongeons directement dans le déni le plus total en ignorant les informations qui contredisent nos convictions du moment. Pire, nous nous raccrochons désespérément, contre toute évidence,  à celles qui confirment nos croyances. En bref, on fait péter allègrement le cinquième principe du brillant essai « De l’esprit critique » de Carl Sagan : « ne t’accroche pas à une hypothèse juste parce que c’est la tienne. »

On appelle ça le « Syndrome du Contrefeu » (Backfire effect). Cela fait partie des 17 phénomènes psychologiques que David McRaney explore dans son dernier livre : pourquoi « l’auto illusion » fait partie de l’Homme au même titre que les doigts ou les orteils? McRaney nous ouvre les yeux sur un phénomène extrêmement courant :

Dès qu’une idée est entrée dans votre système de croyances, vous la protégez de l’extérieur comme votre propre enfant. (…) Quand quelqu’un essaie de vous corriger, de vous faire prendre conscience du « malentendu » généré par vos croyances, vous créez un « contrefeu » qui renforce au contraire lesdites croyances.

Avec le temps, « le syndrome du contrefeu » vous rend moins critique envers toutes les choses qui vous permettent de continuer à voir vos croyances comme justes et certaines.

C’est un peu le syndrome que les accompagnateurs de Catal!s doivent gérer avec la création d’entreprise. La plupart des personnes intégrant la cohorte ont en effet des idées bien arrêtées sur l’entrepreneuriat. On nous demande souvent par exemple : « Quelle doit être la forme juridique de ma société ? » ou « Quelle taille doit avoir mon plan d’affaires pour lever correctement des fonds ? » … Si nous ne répondons pas à ces questions précises immédiatement, cela veut forcément dire que nous n’avons pas les compétences requises pour « enseigner » l’entrepreneuriat, qu’on ne peut rien pour vous.

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Imaginez simplement Nicolas Copernic avec son modèle héliocentrique en 1543 ! Cela contredisait totalement la vision de l’église catholique de l’époque. En 1633 (soit 90 ans plus tard), Galilée a été arrêté et jugé parce qu’il « était d’accord » avec l’idée du modèle de Copernic. Il s’est finalement rétracté pour garder la vie sauve. Intéressant.

N’y aurait-il pas de nos jours de nouvelles idées coperniciennes sur la création d’entreprise par exemple ? J’en vois une immédiatement : sortez de chez vous ! Le fameux « Get out of the building » de Steve Blank qui contredit radicalement l’idée qu’on va créer des multinationales en rédigeant un « beau » plan d’affaires. Cette idée est dérangeante pour la plupart des entrepreneurs en herbe. Cela va à l’encontre de leur vision du monde. Tous les consultants qui ont émis cette idée depuis une bonne vingtaine d’année se heurtent violemment à la résistance de TOUTES les parties (banques et financiers en premier).

Mais ce qui me rend le plus inquiet dans ce « processus de dissonance cognitive produit par des preuves contradictoires » (je sais c’est compliqué), c’est que ça finit souvent par un abandon ou un refus de la réalité. En gros, quand on dit que la création d’entreprise n’est pas ce que vous croyez, vous finissez souvent par vous construire de nouvelles connections neuronales qui renforcent vos convictions passées. Vous construisez de nouveaux souvenirs desquels Catal!s est absent (snif). Ce qui est dommageable pour les deux parties à mon avis. Alors, comment faire, comment vous convaincre de passer plus de temps avec vos clients et moins derrière votre ordinateur ? C’est la question que je vous pose.

Je ne peux m’empêcher de rapprocher ce « syndrome du contrefeu » des statistiques hallucinantes que 40% des américains ne peuvent pas croire que le monde à plus de 6.000 ans (la double négation a son importance ici). On s’aperçoit dans la foulée que le « syndrome du contrefeu » est le constituant de base de la théorie du complot. Les croyants voient dans les « preuves contradictoires » une confirmation du fameux complot et l’absence de contre arguments « rationnels » comme un moyen de renforcer leurs convictions (On n’a pas la confirmation que Dieu existe => c’est un impie, il ne croit pas en Dieu => je ne peux pas écouter ce qu’il me dit).

Lorsqu’on arrive avec notre nouvelle lecture du monde qu’est l’agilité, certains voient une remise en cause de leur façon de vivre. Pourtant ils n’arrêtent pas de se plaindre qu’ils ne trouvent plus de travail ou que leur patron les harcèle. Ils viennent nous voir pour changer le monde mais ne veulent pas prendre le risque de changer leur façon de penser le monde.

Le monde change. Nos idées sur la création d’entreprise doivent aussi changer. Des opportunités colossales s’offrent à nous et seuls ceux qui ont le courage de questionner leur croyances arriveront à les saisir.

Catal!s

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L’arbre des Séphiroths du créateur d’entreprise

L'arbre des Séphiroths du créateur d'entreprise

J’aime ce graphique parce qu’il résume bien les caractéristiques personnelles du créateur d’entreprise. Personne ne nait avec TOUTES ces aptitudes et/ou qualités, personne n’est paré de toutes les vertus. Mais c’est certainement un idéal vers lequel il faut tendre pour anticiper et tirer son épingle du jeu.
En résumé et dans le désordre :
– être optimiste
– être conscient du chaos permanent (complexité)
– prendre du recul
– avoir sa propre grille de lecture du monde
– doper votre capacité de riposte par l’étonnement (= philosophie d’après Aristote)
– accepter la part d’inconnu
– appréhender les effets en chaîne
– anticiper l’improbable
– réagir et agir
– avoir parois une vision déformée
– regarder ce que tout le monde ignore
– faire preuve de bon sens

Vidéo

Steve Jobs devant l’IGA en 1985

Un petit dernier pour la route !

Vous pourrez voir dans ce reportage un Steve Jobs et en bonne santé qui explique sa vision et motive ses troupes sur le projet NeXT. Ce qui est fascinant est

  • qu’il tente toujours de résoudre un problème client / utilisateur
  • que les produits développées n’auront finalement pas grand chose à voir avec le projet initial (bel exemple de pivots multiples)

Pour en savoir plus :

Next, Inc, stylisée NeXT et devenue par la suite NeXT Computer, Inc puis NeXT Software, Inc, était uneentreprise d’informatique américaine, basée à Redwood City, en Californie, qui a développé et construit une série d’ordinateurs destinés à l’enseignement supérieur et aux entreprises. NeXT a été fondée en 1985 parSteve Jobs, cofondateur d’Apple Computer, après sa démission forcée.

Le premier ordinateur NeXT a été présenté en 1988 et le NeXTstation en 1990. Les ventes des ordinateurs NeXT étaient relativement limitées, avec des estimations d’environ 50 000 unités livrées au total. Néanmoins, son système d’exploitation innovant orienté objet, nommé NeXTSTEP, et son environnement de développement ont été très influents.

Par la suite, NeXT a libéré une grande partie du système NeXTSTEP comme un environnement standard de programmation appelé OpenStep. NeXT s’est retiré du marché hardware en 1993 afin de se concentrer sur le marketing d’OPENSTEP, sa propre mise en œuvre d’OpenStep pour différents OEM. NeXT a également développé WebObjects, l’un des premiers frameworks pour les applications Web d’entreprise. WebObjects n’a jamais été très populaire en raison de son prix initial élevé de 50 000 $, mais reste un exemple frappant du début des générations de pages dynamiques basées sur un serveur Web plutôt que du contenu statique. Apple rachète NeXT le 20 décembre 1996 pour 429 millions de dollars et 1,5 million d’actions Apple offertes à Jobs, ce qui lui permet de revenir onze ans après dans l’entreprise qu’il a confondée, au début de l’année 1997 comme « conseiller spécial », avant d’en reprendre les rênes en juillet de la même année en tant que « directeur général par intérim », et enfin CEO en 2000, poste qu’il conservera jusqu’à son décès en 2011.

Une grande partie du système d’exploitation actuel d’Apple, Mac OS X, est construite sur la base OPENSTEP.

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ENT01 – adéquation homme vs projet

ENT01 – adéquation homme vs projet

Bonjour et bienvenue pour cette deuxième semaine,

Nous allons aborder les sujets, ô combien délicats, du travail que les futurs entrepreneurs devront faire sur eux-mêmes pour réussir dans leur entreprise. Ce sujet est assez peu souvent abordé à mon avis et pourtant primordial dans l’avancement du projet.

André Gide disait « qu’il valait mieux se faire détester pour ce que l’on est que de se faire aimer pour ce qu’on n’est pas ». Assertion délicate s’il en est puisque cela résonne avec nos motivations « profondes » à lancer un projet et réussir à pouvoir en vivre par la suite : rester authentique est souvent ce qu’il y a de plus difficile pour un entrepreneur !

Dans cette présentation, nous aborderons les sujets suivants :

  • l’entrepreneur est LE facteur clé de succès du projet => il faut créer pour les bonnes raisons !
  • nécessité de travailler sur « l’âme » du projet
  • l’authenticité comme ressource principale (unique ?) de la réussite
  • l’entrepreneur vend d’abord sa personnalité
  • nécessité de cerner et d’accepter ses fragilités
  • construire une cohérence homme / projet
  • accepter que l’entreprise puisse partir vers des horizons qui ne nous ressemblent pas
  • créer de l’intimité entre les 3 éléments fondamentaux de l’entrepreneur : potentiel, passion, ressources
  • les qualités principales d’un entrepreneur

Se mettre en mouvement commence par se poser ces questions et essayer de lever les blocages éventuels qui pourraient survenir dans le processus de création d’entreprise.

Il n’y a pas vraiment d’outils sur le marché en ce qui concerne ces sujets, c’est pourquoi je vous conseille de nous contacter si vous avez des doutes sur ce que vous entreprenez. La méthodologie de Catal!sMTL est unique : nous sommes en effet les seuls en Amérique du Nord à élaborer une méthodologie agile et anthropo-centrée.

Pour visionner le cours, suivez le lien ci-dessous :

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Questions et réponses de la semaine #2

Questions et réponses de la semaine #2

N’hésitez pas à poser vos questions pour la séance de demain soir. Vous pouvez poster un commentaire ci-après, envoyer un pigeon voyageur, faire des signaux de fumée ou tout simplement vous connecter à l’évènement en direct en suivant le lien ci-dessous :

Pour accéder directement au Google Hangout : http://bit.ly/1jXM9Fr

On vous y attend nombreux.

La vidéo de la session sera postée jeudi matin sur ce même blogue.