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La clarté de l’esprit et la force de l’action (2/2)

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Pierre Alzingre est le fondateur de Visionari, une agence de conseil française en innovation qui aide les marques et les entreprises autour de deux objectifs: développer la marque comme un symbole de qualité et de garantie, et concevoir l’innovation comme un outil de management et de pérennité pour l’entreprise. Visionari conçoit également des événements collaboratifs comme La Startup est dans le préStart’up Lycées ou Start’up Game dans les universités ou les écoles de commerce. 

AVEC L’ÉVÉNEMENT « START-UP LYCÉES« , VOUS AVEZ SOUHAITÉ DONNER VIE AUX IDÉES DE LYCÉENS. QUELLE LEÇON EN AVEZ-VOUS TIRÉE QUANT AUX ASPIRATIONS DE LA (TRÈS) JEUNE GÉNÉRATION D’ENTREPRENEURS?

Ce concours a été créé avec des professeurs dans un lycée, ainsi qu’avec des entrepreneurs. C’est un programme assez unique. Sature Lycées nous enseigne beaucoup sur la génération Z : cette génération est plus solidaire, plus entreprenante que les générations précédentes. Les lycéens actuels n’ont pas la peur de vivre moins bien que leurs parents (caractéristique propre à la génération Y) ou la trouille de perdre ce qu’ils ont (génération X). Ils sont hyper-digitaux, ils croient dans le collaboratif, ils font bouger les lignes. Les entreprises qu’ils créent sont collectives, ils savent associer les disciplines entre elles, et surtout ils savent essayer, tenter, oser. Je suis certain qu’ils vont faire exploser les régimes en place, non par la révolution, mais par une simple clarté d’esprit associée à la force de l’action. Quand le député de la circonscription de Lunel est venu (ville où s’est tenu le premier « Start-up Lycée » ), aucun lycéen ne lui portait d’attention car c’était un politique. Quand il a commencé à parler de son action concrète, de son entreprise, leur regard a changé. Car les Z croient à l’action, pas aux promesses.

Le projet gagnant du premier Startup Lycée est très significatif : « Kipoura » est un site internet qui permet l’orientation des lycéens…par des lycéens : test de personnalité et de valeurs, liens avec les anciens, algorithme affinitaire, etc. Une innovation qui entraîne une évolution de la fonction de conseiller d’orientation ! C’est un projet qui résume bien les lycéens : faire les choses ensemble, rapidement et avec des valeurs.

VOUS ÉCRIVIEZ RÉCEMMENT QUE « LES ENTREPRENEURS SE DEVAIENT DE DÉVELOPPER DES MARQUES OU DES CONCEPTS « VERTUEUX », PORTEURS « D’IDÉAUX ET DE VALEURS »« . LES ENTREPRENEURS SERAIENT-ILS DONC LES NOUVEAUX GARANTS D’UN MONDE MEILLEUR?

On sent en effet désormais la présence forte du consommateur-citoyen. Et les entrepreneurs sont plus visionnaires que les politiques sur ce domaine. Les marques doivent donc devenir des repères de qualité et d’engagement, et les entrepreneurs peuvent devenir des guides sur cette voie. Les politiques n’ont jamais été aussi fiers de défendre ces démarches vertueuses, ces fonctionnements agiles, car ils sont incapables de les promouvoir dans leurs systèmes administratifs ou leurs grands groupes publics cadenassés de l’intérieur.

Je crois au « marketing du bonheur », non pas pour promouvoir une consommation qui soit source d’équilibre, mais pour promouvoir une consommation provocatrice d’équilibre. C’est à dire promouvoir le bonheur, les petits bonheurs, amenés par la confiance, la tranquillité, l’assurance du bon produit et du bon service, qui est fabriqué en pensant au client, au salarié et à la planète.

QUEL A ÉTÉ VOTRE DERNIER EFFET « WHAOUH »?

Mon dernier effet « whaouh » a été pour les activités de l’entrepreneuse Aline Herbinet, qui aide les enfants hospitalisés à refaire du sport, un sport adapté qui participe à leur mieux vivre, à l’estime de soi et à la guérison. Son entreprise v@si développe un système de visioconférence permettant à ces enfants de faire du sport dans leur chambre, entraînés par un professionnel à distance. Elle a d’ailleurs créé récemment les premiers jeux olympiques des enfants hospitalisés, par visio, permettant ainsi à un jeune français de concourir avec un jeune italien en direct de leurs chambres respectives. Innovation, valeurs et engagement, un exemple qui parle aujourd’hui de ce que doit être le monde de demain.

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La clarté de l’esprit et la force de l’action (1/2)

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Pierre Alzingre est le fondateur de Visionari, une agence de conseil française en innovation qui aide les marques et les entreprises autour de deux objectifs: développer la marque comme un symbole de qualité et de garantie, et concevoir l’innovation comme un outil de management et de pérennité pour l’entreprise. Visionari conçoit également des événements collaboratifs comme La Startup est dans le pré, Start’up Lycées ou Start’up Game dans les universités ou les écoles de commerce.

QUELLES SONT D’APRÈS VOUS LES TROIS TENDANCES À L’OEUVRE AUJOURD’HUI ET QUI FONT LE MONDE DE DEMAIN?

La première est le pouvoir du « je » – dont le selfie est l’une des expressions. Tout est tourné vers « moi », car tout le monde peut me voir, m’écouter, m’entendre, me lire. « Je » n’a jamais été aussi important, car comme une grande majorité d’occidentaux, je peux prendre la parole et être entendu sur les réseaux sociaux. C’est une première dans l’histoire de l’humanité: une vraie démocratie participative dont on a vu assez rapidement les limites d’ailleurs, notamment en politique. La puissance du « je », c’est une façon en marketing de remettre le client au cœur, et pour le politique de remettre l’action citoyenne en bonne place.

La deuxième tendance est celle du « nous ». Plus le « Je » s’impose, plus des mouvements de fonds apparaissent pour dire qu’une autre solution est possible. Nous vivons une lente évolution vers une concentration des richesses et un chômage de masse inouïs. La collision entre les deux provoque l’émergence d’une autre voie : celle de ceux qui fédèrent, qui partagent. Je suis stupéfait de voir du coup à quel point les grandes personnalités sont désormais accessibles : Twitter vous permet de parler directement avec un ministre, de rompre toutes les chaines de décision, d’apostropher un leader économique. Ces leaders, peuvent alors détecter et soutenir rapidement des initiatives isolées, les encourager : la puissance du « je » augmentée par celle du « nous ».

La troisième tendance est liée aux deux premières : c’est celle du potentiel des entrepreneurs. L’année 2017 [année des élections présidentielles en France, ndrl] risque d’être encore celle d’une bataille de promesses impossibles à tenir. Car expliquer que l’on est en train de changer d’époque demande du courage, de l’investissement. Ce n’est pas facile. Or on se trouve face à une France qui est encore tenue par des rouages d’un autre temps… Heureusement, les entreprises sont là, et les français aiment leurs entreprises, ils y sont attachés, car elles sont des TPE/PME pour la plupart. Les entrepreneurs ont donc la responsabilité du monde de Demain : la responsabilité d’orienter, de fédérer, de donner l’exemple surtout à travers la conception de produits et de services qui respectent la planète et ceux qui y habitent.

VOUS AVEZ CRÉÉ LE CONCOURS « LA START-UP EST DANS LE PRÉ« . PENSEZ-VOUS QUE L’IMAGE DES STARTUPS, ASSIMILÉES À LA SILICON VALLEY OU AUX GRANDES CAPITALES, EST INEXACTE? VOIT-ON SE DESSINER UNE NOUVELLE GÉOGRAPHIE DE L’INNOVATION?

On assiste aujourd’hui à une « start-upisation » de l’économie. Les entreprises veulent se développer en mode start-up : rapidité, force de l’équipe, innover pour se différencier, capacité à fédérer, à gagner des médias plutôt qu’à les acheter, etc.

Cela émane d’une vraie volonté d’innovation, de concevoir une innovation qui se diffuse, en partant de ce monde des startups et des laboratoires, pour envahir tout le reste de l’économie. Cette marche en avant se caractérise également par la co-construction : on imagine, on construit avec les parties prenantes, pour augmenter l’acceptation des projets et des innovations. Avec la co-construction, une entreprise a la chance unique de voir son innovation diffusée et acceptée par le plus grand nombre très rapidement.

 

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Je fais pousser des salades sur vos têtes

La première serre commerciale sur un toit au monde se trouve au sommet d’un immeuble industriel dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, en plein cœur de Montréal. Construite en 2010 et issue de l’imaginaire de Mohamed Hage, président et fondateur des Fermes Lufa, cette première serre permet à cette jeune entreprise de desservir plus de 2000 clients abonnés à son service de livraison hebdomadaire de paniers de fruits, légumes et produits du terroir québécois.

Ce concept d’agriculture urbaine offre ainsi une alternative à l’agriculture industrielle permettant à ses clients de consommer des fruits et légumes produits localement: la traçabilité des produits offerts par le Fermes Lufa est claire et peu ainsi offrir tranquillité d’esprit à cette portion grandissante de consommateurs qui souhaite savoir avec précision où et comment sont cultivés les produits qu’ils consomment.  Le bilan carbone est, naturellement, excellent.

 

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La différence entre le plan d’affaires et le planning d’affaires

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Après Guy Kawasaki qui nous a donné une petite piqure de rappel hier sur l’importance de se fixer des objectifs et de documenter ses stratégies et ses pivots, nous abordons aujourd’hui bien modestement un sujet d’une importance capitale dans la vie de tout entrepreneur.

Dois-je rédiger un plan d’affaires ? Par quoi dois-je commencer ? C’est quoi une proposition de valeur ? Tout plein de jolies questions qui ne trouvent pas (encore) de réponses. Il est peut-être temps de remettre tout ça en exergue et de vous émerveiller d’un de mes graphiques de la mort qui tue en faisant mal. Un schéma parle souvent plus que beaucoup de mots mis à la suite les uns des autres. Et comme on ne recule devant aucune dépense chez Catal!s, voici LE schéma de la semaine qui devrait vous faire prendre conscience de tout ce qu’on pourra vous dire à la télévision : j’ai nommé la différence entre le plan d’affaires et le business planning !

Le plan d’affaires en est le résultat qui devrait vous aider à clarifier votre proposition de valeur, la stratégie et le modèle d’affaires choisi. Ou l’inverse … Il existe une relation presque organique entre le plan d’affaires (le résultat mais aussi l’impulsion initiale : vous savez que vous devez faire un plan d’affaires pour communiquer aux autres votre intention) et le processus de planification qui y est attaché. Ce travail vous permettra d’affiner la vision de votre produit ou service, de valider votre stratégie d’accès au marché, les risques inhérents à votre activité et les hypothèses que vous avez faites « au doigt mouillé ». 

Un start-up pourrait être considéré en définitive comme une somme d’hypothèses risquées et d’inconnues angoissantes. Votre mission, à compter de ce jour, est donc d’apporter des réponses claires, précises et rationnelles (sous forme de graphiques, données, actions, collages, projections de peinture, …) à tous ces évènements qui ne manqueront pas de survenir dans la vie de votre entreprise. Rappelez-vous, un entrepreneur déteste le risque, il ne prend que des risques calculés …

Décidé à partir en affaires ? Venez nous rejoindre, nous avons des solutions pour vous.

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Les 3 vecteurs de l’innovation

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Le recours à l’interdisciplinarité devient quasi-systématique. Les différents acteurs se rendent compte que la pollinisation croisée est un terreau extrêmement fertile à l’innovation.

Xavier Duportet est docteur en biologie de synthèse (Inria-MIT) et a créé sa startup pour développer une méthode susceptible de révolutionner l’approche thérapeutique des antibiotiques. Egalement entrepreneur, il a lancé le concours européen d’innovation Hello Tomorrow Challenge en 2014 et co-préside la première édition de Osons la France (du 4 au 7 décembre au Grand Palais de Paris), un événement dédié à la France qui innove. 

QUELLES SONT D’APRÈS VOUS LES TROIS TENDANCES À L’OEUVRE AUJOURD’HUI ET QUI FONT LE MONDE DE DEMAIN?

La première tendance est le Do It Yourself, qui devient mainstream. Nous vivons une véritable révolution qui rend accessible de très nombreuses technologies et favorise l’émergence de nouveaux produits innovants sans recours à de gros moyens financiers. Et cela dans de nombreux domaines: développement web, design de hardware ou bien encore que le hacking de la biologie. Les outils disponibles pour le grand public permettent à tout un chacun de pouvoir créer et innover. Par ailleurs, il existe de plus en plus de lieux qui facilitent la découverte de ces techniques pour former les novices et aider les créateurs. Les meilleurs exemples pour moi sont les nombreux produits basés sur l’Arduino et le Raspberry Pi ainsi que la flopée de Maker Fairs qui s’organisent sur tous les continents.

La deuxième tendance est le recours quasi systématique à l’interdisciplinarité. Les cloisons commencent à tomber, aussi bien entre les disciplines scientifiques qu’entre les différentes professions et filières industrielles. Les différents acteurs se rendent compte que la pollinisation croisée est un terreau extrêmement fertile à l’innovation. C’est notamment ce que nous avons mis en lumière lors du Hello Tomorrow Challenge, qui a réuni plus de 1500 chercheurs, entrepreneurs, investisseurs, industriels et designers du monde entier à Paris. Il reste bien quelques acteurs qui ne souhaitent pas entendre parler de cette ouverture d’esprit, mais je ne leur donne pas une très longue espérance de vie…

Enfin, nous vivons une période de recentrage sur l’individu. Après la vague d’internet et de l’anonymat, de très nombreuses innovations apportent une solution personnalisée. Cela est déjà bien avancé pour le marketing digital, mais débute tout juste pour la médecine par exemple. On assiste notamment au développement fulgurant des méthodes de diagnostic alliées à un traitement personnalisé. Imaginez que bientôt nous aurons des médicaments et des traitements produits sur mesure selon notre génome et selon la composition de notre flore microbienne! Cela est passionnant; nous allons assister à un changement de paradigme dans la définition des business modèles.

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Le Petit Prince et le marchand de pilules …

TriX 8

“Bonjour, dit le Petit Prince.
– Bonjour, dit le marchand.
C’était un marchand de pilules perfectionnées qui apaisent la soif. On en avale une par semaine et l’on n’éprouve plus le besoin de boire.
–  Pourquoi vends-tu ça ? dit le Petit Prince.
– C’est une grosse économie de temps, dit le marchand. Les experts ont fait des calculs. On épargne cinquante-trois minutes par semaine.
– Et qu’est-ce qu’on fait de ces cinquante-trois minutes ?
– On en fait ce que l’on veut… »
« Moi, se dit le Petit Prince, si j’avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine… »

Antoine de Saint Exupéry,
« Le Petit Prince »