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Passez à l’effectuation (2/3)

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David Edwards est écrivain et professeur de génie biomédical à l’Université de Harvard, aux Etats-Unis. En 2007, il a fondé à Paris le Laboratoire, un lieu dédié à la rencontre entre artistes et scientifiques et qui a vu naître une série de produits innovants comme le Whaf ou les wikipearls.

QUELLES SONT D’APRÈS VOUS LES TROIS TENDANCES À L’OEUVRE AUJOURD’HUI ET QUI FONT LE MONDE DE DEMAIN?

La première tendance, c’est que l’innovation dans le domaine des idées, des produits, des services ou des modes de vie va beaucoup plus vite. Les grandes innovations de notre époque ont en commun leur rapidité, et le fait qu’elles aient été rendues possibles grâce à un dialogue avec le public. La jeunesse exige aujourd’hui de participer à la création de demain.

La seconde tendance est apparue il y a une quinzaine d’années. Dans l’histoire de la civilisation, la nature a toujours été un modèle qui inspirait les designers. Depuis que l’on a compris son fonctionnement avec autant de précision, grâce à la biologie et aux autres sciences, on a pu commencer à créer en reproduisant ce fonctionnement. C’est ce qu’on appelle le biomimétisme. C’est dans cette optique, par exemple, que nous avons conçu les WikiCell, des emballages alimentaires comestibles, inspirés par la peau des fruits.

La troisième tendance, c’est la reconnection progressive entre les mondes virtuels et réels. Les frontières entre ces deux univers s’estompent.

VOUS ÊTES LE FONDATEUR DU LABORATOIRE À PARIS. COMMENT A DÉBUTÉ CETTE AVENTURE?

Je suis professeur à Harvard et au début des années 2000, je discutais avec mes collègues et avec des créateurs sur l’environnement de l’innovation. Nous évoquions la question du cloisonnement, de la coexistence nécessaire entre les cultures. Il nous semblait que l’interdisciplinarité était indispensable et que la plupart des grandes innovations voyaient le jour dans un cadre non institutionnel. J’ai donc voulu créer un lieu où les créateurs soient accueillis et encouragés, et où ils puissent entretenir un dialogue intime avec le public. Un peu à l’image de ce que permet internet: un village global où les idées sont échangées, où les créateurs peuvent partager librement.

COMMENT FAITES-VOUS POUR MAINTENIR CET ENVIRONNEMENT CRÉATIF?

J’avais imaginé plusieurs modèles au départ, notamment celui d’accueillir des artistes en résidence, mais j’ai compris que les créateurs de grand niveau n’ont ni le besoin ni le temps de s’installer dans un lieu fixe. Ce qu’il leur faut, c’est un environnement propice à la création. Le lieu [Le Laboratoire, ndrl] a beaucoup évolué depuis 2007, sa surface a quasimment doublé. On réalise aujourd’hui deux expositions par an. Entre 30 et 40% de ces projets sont connectés à mes idées et à mes envies, et les autres sont totalement indépendants de moi. La constante, c’est que chaque projet est guidé par un artiste ou par un designer. L’autre impératif, c’est qu’il faut, pour que ce laboratoire ait un sens, que quelque chose en sorte à la fin. Cette structure doit permettre aux idées prometteuses de continuer à exister, de se développer et de s’implanter dans le quotidien.

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