Lire n’importe quel livre les yeux fermés

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La FingerReader – une bague magique développée par le MIT – permet aux non-voyants de lire autre chose que des contenus en Braille ou de ne plus avoir à demander à leur voisin de leur lire un roman…

Le MIT fait évoluer le concept et développe à présent une nouvelle « bague magique » qui va encore plus loin pour améliorer la vie des aveugles et des malvoyants. Cette bague nouvelle génération, baptisée Finger Reader, se porte sur l’index : en suivant naturellement le texte pointé par le doigt de son propriétaire, ligne après ligne, la bague scanne le texte et l’analyse en temps réel grâce à une micro-caméra embarquée, puis elle le restitue instantanément sous forme audio grâce à une voix de synthèse – voix un tantinet flippante, il faut bien l’avouer. En outre, pour guider la lecture, une vibration indique à l’utilisateur les passages à la ligne et les changements de page. Ce dispositif pourrait également s’avérer utile pour apprendre à lire ou pour traduire un document en temps réel. Reste à savoir comment en lire le mode d’emploi… 😉

Découvrez la bague magique en images :

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Musique : les tendances (2/2)

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Petite série spéciale sur l’avenir de la musique en verbatim. A quoi ressemblera la musique du futur ? La parole aux spécialistes… 

Ken Hertz – Consultant en marketing pour will.I.am, Keith Richards ou Britney Spears
« Les recommandations musicales seront basées non seulement sur vos préférences affichées et sur celles de votre réseau, mais également en fonction d’une analyse biométrique opérée par les capteurs que vous porterez. »

Arshia Cont – Chercheur à l’Ircam
« Depuis la démocratisation de l’ordinateur, on a un peu saturé le vocabulaire électronique. La tendance est maintenant de parvenir à restituer le niveau de complexité et les subtilités de la pratique d’un instrument. L’idée n’est pas que la machine remplace l’humain. Il s’agit de lui donner plus de possibilités, pour aller encore plus loin. »

Philippe Manoury – Compositeur français adepte de l’informatique musical
« Grâce à l’informatique, nous avons appris que l’univers du son était bien plus complexe que ce que l’on soupçonnait. Cela permet d’envisager de nouvelles formes d’écriture. »

Vincent Ricordeau – Fondateur de KissKissBankBank qu’on ne croisera pas au prochain concert d’Obispo
« Lorsqu’on a monté KissKissBankBank, on ressentait le besoin d’un outil pour financer la création indépendante. L’idée de départ était de permettre à votre cousin musicien par exemple, de pouvoir continuer à faire de la musique et éventuellement d’en vivre. Mais on s’est vite rendu compte que l’outil remettait en cause les modèles de financement existants. Aujourd’hui les gens ont compris qu’ils pouvaient découvrir et encourager de jeunes musiciens originaux et talentueux plutôt que d’écouter Mari Mai à la radio. Cette ouverture constitue désormais un réflexe intégré. »

Daniel Avery – DJ Britannique hype et fier de l’être
« Le snobisme, l’élitisme sont inhérents à la musique, à l’art. Même si on sait d’avance qu’à terme, l’underground sera appelé à devenir le mainstream de demain. »

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Musique : les tendances (1/2)

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Petite série spéciale sur l’avenir de la musique en verbatim. A quoi ressemblera la musique du futur ? La parole aux spécialistes… 

Tod Machover – Compositeur, inventeur, et professeur au MediaLab du MIT
« A l’avenir, les compositeurs proposeront des oeuvres inachevées que chaque auditeur pourra finaliser en fonction de sa psychologie ou de sa personnalité. L’auditeur ne sera plus dans une posture passive mais vivra une expérience totale et immersive. »

Janel Torkington – Journaliste
« Préparez-vous, l’avenir de la musique implique des technologies qui comprennent et prédisent vos goûts, mieux que vous-même. Quoi de plus pratique que de se voir proposer ce que vous souhaitez écouter au moment précis où vous le souhaiter ? Et ne plus avoir à choisir du tout ! » 

Daniel Ek – Fondateur de Spotify, service de streaming musical
« Dans un futur pas si lointain, peut-être d’ici une dizaine d’années, nous serons tous connectés, tout le temps, avec des Google Glass par exemple, des capteurs intégrés dans nos vêtements ou d’autres dispositifs informatiques portables. Nous n’aurons plus à manipuler un écran pour écouter de la musique, celle-ci lancera par un mouvement des mains ou juste par la voix des bandes musicales adaptées à nos émotions. » 

Thom Yorke – Chanteur de Radiohead en guerre contre Spotify
« Pour moi, Spotify est une bataille énorme. Parce qu’il s’agit de l’avenir de toute la musique, il s’agit de savoir si nous croyons qu’il y a un avenir dans la musique. Ce qui se passe avec Spotify n’a rien d’ordinaire, c’est le dernier pet désespéré d’un cadavre mort. Ne vous méprenez pas: les nouveaux artistes que vous découvrirez sur Spotify ne seront pas payés, au contraire des actionnaires qui se rouleront bientôt dans des matelas de dollars. Aucun artiste n’a besoin de Spotify. On peut construire ça nous-mêmes, alors barrez-vous! »

Abd Al Malik – Rappeur, Slameur et écrivain
« Je ne réfléchis pas en terme de rock, de rap ou autres styles de musique: tout ce qui compte, c’est ma capacité à créer les passerelles les plus pertinentes entre les différentes inspirations musicales. On est indiscutablement dans l’époque de la rencontre, et plus nous arriverons à l’accepter, plus les résultats qui en découleront seront probants. Il en va de la pertinence artistique. »

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Conduire un orchestre de belles plantes

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Pour continuer sur la lancée végétale de ces derniers posts. Si vous vous intéressez à la vie intérieure des plantes, visiblement vous n’êtes plus seul(e) dans l’univers !

Le collectif Data Garden a développé une interface qui permet d’écouter le petit chant intérieur des plantes – un dispositif qui répond au nom charmant de MIDI Sprout. Le principe de cet objet actuellement en financement sur KickStarter, est aussi simple qu’enchanteur : l’électricité qui circule naturellement dans les plantes est transformée en musique. Ce sont donc des électrodes que vous installez sur les feuilles de votre Yucca, des électrodes qui captent les flux électriques dépendant de son « activité mentale » (dixit les créateurs de la chose). Puis le boîtier convertit tout simplement cette électricité en notes de musique qui peuvent être lues par des synthétiseurs ou des ordinateurs. Résultat : une douce mélodie qui traduit en quelque sorte l’état d’esprit de votre végétal adoré. De quoi effectuer de belles compositions florales…

Découvrez les joies de la musique végétale en vidéo :

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6 étapes pour faire pousser des graffitis en mousse

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Les graffiti en mousse, aussi appelés « écograffitis » ou « graffitis verts » remplacent la peinture en bombe, les marqueurs et autres substances chimiques généralement utilisées pour graffer. Ils utilisent à la place un pinceau normal et de la mousse qui pousse toute seule sur les murs. Avec la montée des produits bios et écologiques, le graffiti a donc su séduire les artistes militants de tous bords. De plus, il peut aussi faire partie de la révolution du jardinage.

Dans la suite de l’agriculture urbaine et en ces temps de changements climatiques, faire pousser des graffitis en végétal peut tomber sous le sens : un double symbole liant l’utile au sens …

Ingrédients :

  • Une ou deux touffes (environ une petite poignée) de mousse végétale
  • 2 tasses de babeurre
    • vous pouvez aussi le remplacer par du yaourt NATURE (et non aromatisé)
  • 2 tasses d’eau
  • 1/2 cuillère à café de sucre
  • Du sirop de maïs (facultatif)

Etapes :

  1. Récoltez autant de mousse que possible.
  2. Rincez-la bien de façon à enlever la terre des racines.
  3. Cassez la mousse en plusieurs morceaux et placez-les dans un mixeur.
  4. Ajoutez le babeurre (ou le yaourt), l’eau (ou la bière) et le sucre. Mixez le tout jusqu’à obtenir une texture similaire à celle de la peinture classique.
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      Si vous avez du mal à obtenir la bonne consistance, vous pouvez ajouter le sirop de maïs pour la diluer.

  5. Utilisez un pinceau pour appliquer la mousse-peinture sur la surface où vous souhaitez la voir pousser.
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    Si possible, retournez voir votre graffiti chaque semaine afin de l’asperger d’eau pour que la mousse pousse bien (surtout si la surface est sèche) ou pour remettre une couche de peinture.

Conseils :

  • Appliquez votre peinture dans un endroit humide et exposé à la lumière.
  • Cette peinture attire beaucoup les limaces. Commencez à graffer bien au-dessus du sol ou elles mangeront tout !
  • La mousse pousse mieux sur les surfaces poreuses comme la brique ou la pierre.
  • Si jamais vous souhaitez vous débarrasser de votre graffiti, aspergez-le de jus de citron vert, qui « tuera » la mousse.
  • La meilleure période pour planter votre graffiti est le printemps ou l’automne. Sachez aussi que garder la mousse humide l’aidera à pousser.
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    La mousse peut aussi être utilisée comme élément décoratif à l’intérieur d’une maison.

Et voilà ! Sympa non ?

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Passez à l’effectuation (3/3)

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David Edwards est écrivain et professeur de génie biomédical à l’Université de Harvard, aux Etats-Unis. En 2007, il a fondé à Paris le Laboratoire, un lieu dédié à la rencontre entre artistes et scientifiques et qui a vu naître une série de produits innovants comme le Whaf ou les wikipearls.

PARLEZ NOUS DU PRODUIT PHARE DE CETTE ANNÉE, L’OPHONE…

L’idée de départ était de réfléchir à l’avènement de la communication olfactive, et nous avons notamment conçu cet objet qui permet d’envoyer et de recevoir des parfums sur son téléphone. Aujourd’hui l’objet existe, il y a un site dédié, une application. Plusieurs milliers d’arômes sont déjà disponibles et pendant les mois à venir, en fonction des retours des premiers utilisateurs, nous ferons évoluer sa forme ainsi que les gammes d’arômes disponibles, en fonction des besoins et des envies du public.

La communication olfactive représente selon moi un grand territoire d’opportunités, car elle permet de communiquer de manière plus efficace. Dans certains domaines, ses potentialités sont évidentes, comme dans celui de l’alimentation. Mais il peut également être intéressant dans le secteur des transports, de la santé, des loisirs… Pour l’industrie du café, par exemple, les fabricants pourront communiquer sur leurs produits de manière simple et efficace, en BtoB, avec des acheteurs potentiels qui découvriront à distance leurs nouvelles saveurs.

L’OPHONE EST DONC UN BON EXEMPLE DE LA DÉMARCHE QUE VOUS SUIVEZ AU LABORATOIRE?

Tous nos projets relèvent au départ d’un rêve. Mais l’important, c’est d’aller au bout de la démarche, à chaque fois. La réussite du Laboratoire se mesurera au succès des innovations qui en sortent: il est important qu’elles intègrent la vie quotidienne du public. On constate d’ailleurs depuis quelques années qu’il y a de plus en plus d’investissements dans les laboratoires scientifiques, parce que leur capacité à produire des choses utiles est reconnue. Le Laboratoire, pour nous, c’est la possibilité d’essayer plein d’idées. Une espèce de bac à sable de la création! Et aujourd’hui, 7 ans après son ouverture, on a davantage confiance pour aller encore plus loin.

QUE VOUS INSPIRE LE PHÉNOMÈNE DES FABLABS, QUI PROMET DE TRANSFORMER CHACUN D’ENTRE NOUS EN UN CRÉATEUR OU UN INNOVATEUR POTENTIEL ?

L’évolution de la manière de concevoir la création est saisissante. On est entré dans une nouvelle ère et la distinction entre apprendre, créer et produire est en train de disparaître. D’ailleurs, lorsqu’on découvre un nouvel outil, on ne lit pas un long texte pour comprendre comment il fonctionne : on fait et on apprend, de manière intuitive. J’ai tout de même une réserve : les grands innovateurs adorent apprendre, et ils en ont besoin. Aujourd’hui, il est difficile d’admettre ou de faire comprendre qu’il faut des années d’apprentissage avant de pouvoir créer ou innover.

QUEL A ÉTÉ VOTRE DERNIER EFFET WHAOUH?

Ma plus grande source d’émerveillement, ce sont mes enfants. La jeunesse me fascine, avec cette volonté d’exister et de réaliser ses rêves. C’est d’ailleurs cela qui nous guide au Laboratoire : on est là pour réaliser des rêves…

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Passez à l’effectuation (2/3)

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David Edwards est écrivain et professeur de génie biomédical à l’Université de Harvard, aux Etats-Unis. En 2007, il a fondé à Paris le Laboratoire, un lieu dédié à la rencontre entre artistes et scientifiques et qui a vu naître une série de produits innovants comme le Whaf ou les wikipearls.

QUELLES SONT D’APRÈS VOUS LES TROIS TENDANCES À L’OEUVRE AUJOURD’HUI ET QUI FONT LE MONDE DE DEMAIN?

La première tendance, c’est que l’innovation dans le domaine des idées, des produits, des services ou des modes de vie va beaucoup plus vite. Les grandes innovations de notre époque ont en commun leur rapidité, et le fait qu’elles aient été rendues possibles grâce à un dialogue avec le public. La jeunesse exige aujourd’hui de participer à la création de demain.

La seconde tendance est apparue il y a une quinzaine d’années. Dans l’histoire de la civilisation, la nature a toujours été un modèle qui inspirait les designers. Depuis que l’on a compris son fonctionnement avec autant de précision, grâce à la biologie et aux autres sciences, on a pu commencer à créer en reproduisant ce fonctionnement. C’est ce qu’on appelle le biomimétisme. C’est dans cette optique, par exemple, que nous avons conçu les WikiCell, des emballages alimentaires comestibles, inspirés par la peau des fruits.

La troisième tendance, c’est la reconnection progressive entre les mondes virtuels et réels. Les frontières entre ces deux univers s’estompent.

VOUS ÊTES LE FONDATEUR DU LABORATOIRE À PARIS. COMMENT A DÉBUTÉ CETTE AVENTURE?

Je suis professeur à Harvard et au début des années 2000, je discutais avec mes collègues et avec des créateurs sur l’environnement de l’innovation. Nous évoquions la question du cloisonnement, de la coexistence nécessaire entre les cultures. Il nous semblait que l’interdisciplinarité était indispensable et que la plupart des grandes innovations voyaient le jour dans un cadre non institutionnel. J’ai donc voulu créer un lieu où les créateurs soient accueillis et encouragés, et où ils puissent entretenir un dialogue intime avec le public. Un peu à l’image de ce que permet internet: un village global où les idées sont échangées, où les créateurs peuvent partager librement.

COMMENT FAITES-VOUS POUR MAINTENIR CET ENVIRONNEMENT CRÉATIF?

J’avais imaginé plusieurs modèles au départ, notamment celui d’accueillir des artistes en résidence, mais j’ai compris que les créateurs de grand niveau n’ont ni le besoin ni le temps de s’installer dans un lieu fixe. Ce qu’il leur faut, c’est un environnement propice à la création. Le lieu [Le Laboratoire, ndrl] a beaucoup évolué depuis 2007, sa surface a quasimment doublé. On réalise aujourd’hui deux expositions par an. Entre 30 et 40% de ces projets sont connectés à mes idées et à mes envies, et les autres sont totalement indépendants de moi. La constante, c’est que chaque projet est guidé par un artiste ou par un designer. L’autre impératif, c’est qu’il faut, pour que ce laboratoire ait un sens, que quelque chose en sorte à la fin. Cette structure doit permettre aux idées prometteuses de continuer à exister, de se développer et de s’implanter dans le quotidien.